Lu ce matin sur le site du journal local:<br />
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"Conseil municipal<br />
Le maire de Saint-Amand annonce une baisse des taux d'imposition de 5 %"<br />
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Ailleurs, ce n'est pas forcément comme à Vierzon, ailleurs c'est possible, ailleurs il peut y avoir des élus capables de bien gérer et immunisés contre la folie des grandeurs. Oui, mais Thierry Vinçon n'est pas enchaîné dans la même doctrine politique que celle qui règne sur Vierzon. Vierzonnais, pensez-y bientôt ! Il y a ceux qui se font plaisir avec des projets inutiles et pharaoniques qui nous siphonnent tout le reste et il y a ceux qui gèrent intelligemment au profit de leurs administrés.
A la Grande Braderie de fin de printemps, ce sera les soldes monstres mais sans intronisations. Ainsi :<br />
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- 1 lot de 2 candidats composé d’1 élu sortant communiste + 1 candidate socialiste pour le modique pourcentage de 9 %, oui, vous avez bien entendu, 9 % seulement le lot. Du jamais vu ! Allez, Mesdames et Messieurs, pour 9 %, on n’hésite pas, on ne se prive, 9 % ce magnifique lot. Quoi, comment ça, c’est de l’arnaque ? Ca ne les vaut pas ? Merde ! Ils ont tout compris, à Vierzon.<br />
- Bon, alors, 1 second lot : 1 candidat LR + 1 attachée parlementaire galloise. C’est un lot de prestige. Ca s’accroche, ça s’accroche. Même quand tout est perdu, ça continue à s’accrocher. Et avec, on vous offre la lampe d’Aladin : si vous la frottez une fois, vous verrez apparaître un jeune presque avocat, si vous la frottez une seconde fois, vous verrez apparaître une autre figurine, une jeune presque avocate. Ce lot unique, nous vous le faisons au modique pourcentage de 13 %, oui, vous avez bien entendu, 13 % seulement. A ne pas rater. Comment ça, c’est rongé par les insectes xylophages ? Les imbéciles ! Je leur avais préparé une petite sauterie : le grand bal de la Marine.<br />
C’est donc vrai ? Le commerce de Vierzon est effectivement foutu jusqu’à la moelle ! Vite, demandons une enquête journalistique au Figaro, mais en toute discrétion. Il ne faut surtout pas qu’il publie un article issu de cette enquête, parce que nous, à Vierzon, oui Monsieur, nous à Vierzon, on n’a de leçons à recevoir de personne, surtout d’un mec qui nous a d’abord fait des mirages et maintenant des rafales, donc d’un mec qui s’obstine à offrir des emplois en France, parce que nous, les emplois, à Vierzon, on préfère les détruire pour conserver la pauvreté. Et avec toute cette misère, on verrouille l’électorat en notre faveur. Ah, ce qu’on est bien à Vierzon, oui, vraiment bien. Je dirais même heureux, parce que le temps qu’ils ont faim, qu’ils ont froid, ils cherchent comment bouffer gratuit et à pas cher. Et quand il fait froid, ils restent au lit, justement pour ne pas avoir froid. Et puis d’ailleurs, qui dort dîne. Et vous savez quoi ? Pendant ce temps, ils ne pensent pas à nous faire chier. Même que si on leur donne une petite cacahuète même pas décortiquée, ils sont heureux et reconnaissants et dociles avec nous. Oui, vraiment, ce qu’on est bien à Vierzon une fois élus.
Le phare de l'île Saint-Esprit enfonce son regard oblique dans le ciel rond. L'estran met l'île Marie à portée de terre. Le temps d'une marée basse, elle s'attache au continent dans le ronronnement doux de la mer qui revient. De là où s'effrite le sable, Vierzon jette ses dernières lumières dans la bataille de la nuit. Au petit jour, le Bistrot du port déversera ses cales de croissants tièdes sur les habitués de la Renverse, le bateau du père Seb, le premier à sortir, le dernier à rentrer. Le zinc tanné par les manches des cirés jaunes bavarde ses silences imposés : parfois, dans le bistrot salé, il faut faire place au silence pour mieux veiller aux récits. Le café se remplit chaque heure d'une houle synthétique, fait d'humains en partance, en revenance, entre deux horaires. Il y a la crème des commerçants, le dessus du panier des marins-pêcheurs, la haute société retraitée qui confond les larmes et les embruns, pour ce qu'elles ont de souvenirs iodés à retenir dans les filets. Plus loin, près de la capitainerie, la butte de Sion jette un regard circulaire sur l'ensemble de la ville. Elle ressemble, en ce matin d'été, à l'idéal que l'on se fait du bonheur transversal : entre l'impression d'être ancrée ici tout en étant ailleurs. C'est sûr que la mer aimante ce qu'elle touche. C'est sûr que la mer déverse, sur le sillon des fins reliefs, la preuve que sans elle, Vierzon ne serait pas Vierzon. Le marché fourmille, sur les places centrales. Le soleil, déjà chaud, est à marée haute. Une trace de vent raye l'air lourd à porter. Les bistrots sont accoudés à la curiosité de la foule : c'est étonnant comme les terrasses s'étalent, comme elles semblent animées de l'électricité marine qui, une fois coupée, c'est sûr, rend la mer plate comme une rue piétonne. L'étrange idée qu'on se fait d'être ici n'est rien à côté de cette formidable idée d'y être née. La mer a son industrie propre et son économie personnelle. Vierzon sans la mer aurait ressemblé à ces villes moyennes punaisées au centre de la France sans qu'aucun grain de sable ne déborde de son destin. C'est étonnant d'être d'un continent tout en étant relié à la mer, cette faculté d'être à la fois le solide et le liquide, de défier les loirs de la transparence. J'allonge un pas décidé vers les rues que je préfère, les deux-trois cafés où sont sanglés les derniers secrets du jour et qui m'attendent, comme autant de valises à emporter. Plus on s'éloigne du port, dans le ventre de la ville, plus la ville durcit son statut de ville. Plus on s'enfonce dans la terre, plus la terre vous admet. Entre les rives et la tonitruante cité de l'arrière-ville, deux mondes s'affrontes. Ils étaient quatre jadis, quand la ville éclatée en quatre entités distinctes, se disputaient son destin. Quand plus tard, par raison, la ville a noué ses quatre communes indépendantes, chacune d'entre elles a gardé sa ligne d'eau, ses aspects, son nom, sa façon d'être. Etre de Vierzon ne signifie pas être à Vierzon, mais des Forges, de Villages, de Ville ou de Bourgneuf. Les quatre quartiers bruissent pourtant des vagues qui reviennent, je les entends galoper, pour remettre à niveau, la mer avec la terre. Pour remettre l'île Marie dans sa façon d'être une île. Je suis à la terrasse du café « T'as voulu voir... » Brel y a laissé une dédicace amoureuse. Si Vierzon avait la mer, serait-ce encore Vierzon ou une façon d'être Vierzon ?
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