Difficile désormais de passer inaperçue. Ce n'était déjà pas trop le cas avant, alors maintenant. C'est vrai, Vierzon était connue pour de bonnes comme de mauvaises raisons, pourquoi, sur 36.000 communes, Vierzon apparaît-elle aussi souvent dans les médias ? On sait que Vierzon est connue pour ses tracteurs qui ont irrigué, entre autres, les campagnes françaises et qui porte le nom de cette ville. Le tracteur Vierzon est passé du statut d'objet agricole au statut d'objet de collection. Alors le nom circule encore et c'est une bonne chose, sauf que la ville refuse de s'en servir.
La chanson de Jacques Brel également concourt encore à la réputation de cette ville, là aussi, c'est plutôt positif, même si certains grognons ont attendu 2017 pour s'en rendre compte. Bien sûr, la ligne de démarcation qui coupait la ville en deux a participé à répandre le nom de Vierzon. L'histoire bien sûr mais le cinéma aussi, la littérature. Rendez-vous compte que ces trois événements majeurs, tracteur Brel, la ligne, ont conjugué leurs échos les uns à la suite des autres : d'abord le tracteur, la ligne de démarcation, la chanson de Brel.
Ajoutons-y le fonds de commerce de la ville : la position centrale de la ville en matière ferroviaire, son industrie de la porcelaine, de la verrerie. Mine de rien, tout cela a beaucoup compté dans la réputation de la ville. Moins aujourd'hui mais tout de même, le poids de ces images-là sont fortes. On n'y coupe pas non plus, mais l'image politique de Vierzon ne l'a pas épargné. La stalinisation de la ville, jusque dans ses rues, ses places, son fonctionnement interne ont contribué à faire de Vierzon une ville à part.
Puis, à une courbure du temps, un truc a déconné. Ce qui aurait dû dorer l'image vierzonnaise l'a terni. La situation s'est inversée. Au lieu que cette ville s'enorgueillisse de ses richesses, elle s'est étouffée avec. Les vieux tracteurs sont réapparus au moment de la fermeture de Case. Jacques Brel est ignorée. La ligne de démarcation est une période sombre. La SNCF à Vierzon a perdu de sa superbe. Plus de verreries, plus de porcelaine, si ce n'est dans un placard qu'on ose appeler musée. La politique vierzonnaise est devenue une caricature d'elle même. Les bouchons en centre-ville ont disparu mais on parle encore de Vierzon pour ses bouchons périodiques au péage de l'A71 vers l'A20 et inversement.
Puis, l'un des rares bastions communistes attire la lumière. Ce fut ensuite un cas d'école : Vierzon qui perd son industrie. Puis sa population. puis ses commerces. Qui flirte avec le Front national. Qui se bat pour son hôpital. Son commissariat. Forcément, autant de faits concentrés sur un même espace attirent les médias. Rien qu'en 2017, on ne compte ceux qui sont venus voir de près l'insécurité, la vacance commerciale, mais aussi ses bons côtés noyés sous les mauvais. Il y a tout, pourtant, pour inverser la tendance, à condition de confisquer cette tâche aux politiques qui ne la font fructifier que pour eux mêmes. Le verre à moitié plein et le verre à moitié vide, c'est le combat, désormais, de ceux qui ne veulent pas de cette réalité, pourtant consistante mais qui compte sur une autre, fantasmée, sans vouloir résoudre les autres avant. Pessimiste ? Réaliste c'est déjà pas mal.