"Il est hors de question que l'hôpital devienne un hospice. Nous nous battons pour le maintien de la maternité et de la chirurgie." Dixit le maire de Vierzon dans la presse. Si la seconde partie de la phrase est tout à son honneur, la defense des services, la première en revanche interroge. Et pourquoi l'hôpital ne profiterait pas de sa spécialité gériatrique pour rebondir ? En d'autres temps, lorsque Robert Leroux exerçait à la Noue, il avait fait de "l'hospice", un outil moderne et avait porté la gériatrie à bout de bras. Il avait même innové en construisant des pavillons pour les malades d'Alzheimer et cette spécialité faisait de Vierzon, une ville reconnue en la matière.
Pourquoi aujourd'hui, à l'heure de choix douloureux, la ville ne profiterait pas justement de la gériatrie pour sauver son hôpital ? Le terme "hospice" est péjoratif et renvoie à des images anciennes où les pensionnaires étaient parqués. Aujourd'hui, rien de tout cela. D'ailleurs, en terme d'emplois, qu'est-ce qui génère le plus d'agents ? Une maternité ou une maison de retraite médicalisée ? Il faudrait peut-être y réfléchir. Sauf que nous nous heurtons non pas à une nécessité économique, voire même à un choix pour l'avenir, nous nous heurtons à un symbole !
En clair, si la maternité disparaît et la chirurgie résidentielle aussi, ne restera à Vierzon que la gériatrie. On ne naîtra plus à Vierzon, nous ne ferons qu'y mourir. Sauf qu'avant de mourir, il faudra prendre en charge des personnes de plus en plus âgées, avec des pathologies de plus en plus lourdes, nécessitant de plus en plus de soins, donc de plus en plus de personnels. Or, les élus regardent par le petit bout de la lorgnette. Leur rôle, c'est de défendre ce qui existe, normal. Mais leur rôle aussi, est d'envisager l'avenir qui, on le sent bien, sera d'une autre nature qu'un hôpital de proximité avec tous ses services.
Rabaisser l'hôpital, en terme de vocabulaire, en "hospice", c'est signifier que la ville de Vierzon considère ses "vieux" comme quantité négligeable. Alors que tout un service de l'hôpital, la Noue, vit de ces personnes qu'il faut soigner et accompagner au bout de leur vie. C'est aussi signifier que dans une ville qui consacre plusieurs millions d'euros à la construction d'un bowling, le secteur de la santé ne peut pas reposer que sur les soins des personnes âgées. Cette ville se veut moderne, quoique la notion de modernité soit très élastique ici... Qu'une ville sans maternité est une ville morte. Or, il faut aussi réfléchir et regarder les chiffres. On sait que dans les années et les décennies à venir, il y aura une part plus importante de gens âgés que d'actifs. Et conserver une maternité pour le symbole au détriment d'un projet destiné à développer la gériatrie et à faire vivre des agents, donc à soutenir l'économie locale, ce n'est pas tenable.
L'idéal serait d'avoir les deux, mais on sent bien que la pression est telle que ce ne sera pas possible alors qu'il existe une maternité à Bourges et une autre à Romorantin. N'est-il pas possible de négocier une contre-partie pour la ville de Vierzon avant que l'agence régionale de santé ne prenne une décision unilatérale ? Plus de maternité, plus de chirurgie et un hôpital qui se résume à la portion congrue ? On nous avait vendu, il y a des années de cela, un pôle handicap, qui devait sortir le ville de Vierzon de son marasme. Ce pôle handicap prenait en compte aussi les problèmes de mobilité, donc de mobilité des personnes âgées. Puis plus rien. Et aujourd'hui, on résume la gériatrie vierzonnaise à "un hospice", alors qu'il y a peut-être une carte à jouer. Mais comme d'habitude, va-t-on laisser passer notre tour par pur entêtement idéologique ?
