Nous n'avons pas résisté. Savoir que des rues vierzonnaises se faisaient regoudronner, même partiellement, on est allé voir. Petite rue des Longueraies, c'est là que nous avons foulé la rue.
Non sans émotion d'ailleurs. C'est en pensant aux huit autres rues comme elles que nous nous sommes dits, c'est un grand moment. Puis, en arrivant, la déception. On pensait fouler un tapis de billard, on était là, tremblant, comme le premier homme à poser le premier pas sur la lune. Et on est redescendus. Quoi c'est tout ?
Une giclée de bitume et une poignée de cailloux jetée à la hâte font-ils vraiment une nouvelle rue ? Ben non. Mais, avec 3.400 euros en moyenne pour chaque rue, on se doutait que ce ne serait pas un circuit de Formule 1 non plus. En fait, ça fait plus de bruit, surtout les petits cailloux qui heurtent le bas de caisse. Quand on nous a annoncé une explosion de 83% du budget voirie, on s'est dit, fichtre, les rues de Vierzon seront plus lisses que celles de Méreau, pas la peine d'aller y habiter tout de suite.
Et puis voilà. On est passé dans la rue, ça crépitait comme si on roulait sur des biscottes et qu'on se prenait les miettes. De ci, de là, on voyait bien que quelque chose avait été jeté par terre. Mais non, la rue n'était pas plus... disons pas plus.. enfin vous voyez quoi. Du coup, on est redescendu par la rue Henri Barbusse, une vraie rue accidentée, avec ses trous, son bitume cabossé mais nature, quoi. Elle n'essaie pas de cacher ses défauts sous 3.400 euros de maquillage. Mais, ne critiquons surtout pas. d'abord c'est interdit. Ensuite, c'est interdit. Et enfin, c'est mieux que rien. Bon, ça se discute quand même.