Sous-préfecture, nœud ferroviaire, nœud autoroutier, hôpital, commissariat... Pour quoi faire en fin de compte ?
La sous-préfecture n'est plus qu'une façade qui abrite un commis de l'Etat dans une maison de maître. Tout le contraire d'un idéal de gauche et pourtant, nos élus ont une trouille bleue du déclassement. Bien qu'ils aient conscience de l'inutilité d'un tel titre (hormis pour majorer des subventions), ils sont prêts à la défendre par peur de ce déclassement qu'ils tentent d'éloigner le plus possible. Ils ne le peuvent pas toujours, la preuve par la démographie.
Le nœud ferroviaire aurait dû nourrir cette ville bien plus qu'elle ne le fait. Cette transversale Nantes-Lyon, Paris-Toulouse est une aubaine. Pour quels résultats ? On s'en vante mais quels en sont les bénéfices concrets pour Vierzon ? Le rail est devenu une bataille politicienne, le TGV un mirage, un autre type de train à grande vitesse aussi. Et pourtant, c'est toujours cette peur du déclassement qui domine dès lors que les fruits d'une telle structure sont toujours invisibles et pourtant vantés depuis des décennies.
Le nœud autoroutier est un mirage aussi impalpable que les bénéfices du nœud ferroviaire. Cette ville qui se vantait de devenir une capitale logistique n'y est jamais parvenue. Aucune zone industrielle n'a vu le jour le long de l'A71 ou de l'A20. Depuis l'ouverture de l'A71, il y a plus de trente ans, les retombées de lA71 sont comme celles du Tour de France, des fantômes, des esprits qui flottent dans les discours politiciens, mais qui jamais n'atterrissent concrètement.
D'ailleurs, dans les années 1980, un maire de Vierzon avait eu la géniale et piètre idée d'ensemencer une campagne de communication intitulée "Le grand passage", pas le grand arrêt, ou la grande destination, non le grand passage, c'est dire qu'entre le rail et la route, les élus ne croyaient pas du tout en la capacité de ses infrastructures d'offrir un avenir à Vierzon.
Un hôpital avec maternité, urgences, bloc opératoire, mais un hôpital délabré qui a récemment montré son triste état à la France entière dans un reportage télévisé. A quoi sert un hôpital dans cet état si ce n'est de montrer que les élus le maintiennent à bout de bras. Quand l'affaire de la fermeture (avérée ou non de la maternité et du bloc opératoire a éclaté, l'idée d'un hôpital de proximité axée sur la médecine faisait son chemin. Non catégorique de la ville qui préfère avoir un hôpital avec des services mais délabrés plutôt qu'un hôpital refait et centré sur la médecine.
Toujours cette peur du déclassement, pensez donc, qu'aurait-on dit de Vierzon et par ricochet de ses élus ? Certes, le bloc opératoire est neuf, la maternité sauvée, les urgences toujours debout mais l'accueil des malades est déplorable dans un hôpital usé. A ce jour, aucun élu n'a porté un projet de construction d'un nouvel hopital.
Le commissariat a le même destin. Tandis qu'une certaine gauche conchie la sécurité, minimise les faits divers et disons-le, n'a que peu d'atomes crochus avec la police, elle est pourtant obligée de défendre l'idée d'une police de proximité et d'un commissariat neuf. Quand l'idée d'un passage de Vierzon zone gendarmerie revient, nos élus grimpent en haut de leur montagne et hurlent aux vents qu'il n'en est pas question. Par peur du déclassement toujours.
Or, ce qu'il faut se poser comme question, c'est comment dimensionner une ville aux 25.000 habitants qui restent quand nos élus actuels, héritiers des utopistes qui en imaginaient 50.000, pensent gérer une mégapole ? Le déclassement n'est pas une peur, elle est une menace pour eux. Sauf que puis des décennies ils n'ont pas su empêcher son déclin et ne l'empêcheront pas. Sauf à accepter que le plaisir de vivre dans une ville n'est pas proportionnel à l'image qu'il renvoie. Et surtout à l'image dont ont peur ceux qui l'administrent.
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