Vierzon est une ville recousue, reprisée, rapiécée avec quatre Vierzon, comme c'était le cas avant le 8 avril 1937, collés entre eux, mais ils n'ont jamais fait un Vierzon entier, un tout.
Le traumatisme originel est peut-être celui-là, cette incapacité géographique à unifier quatre communes en un territoire unique, terriblement étendu, plus que Bourges et plus qu’Orléans.
Presque 90 ans plus tard, ces frontières n'ont jamais effacé leur influence sur Vierzon. Par exemple, ce qui était jadis Vierzon-Ville, le centre, est séparé des Forges par une interminable et ennuyeuse route que les municipalités depuis 1937 n’ont jamais cru bon d’aménager pour relier ces deux gros bouts.
Bien sûr, il n'y a plus administrativement, quatre mairies distinctes, Vierzon-Ville, Vierzon-Bourgneuf, Vierzon-Forges et Vierzon-Villages mais leurs empreintes sont indélébiles et leurs différence toujours vives. Personne n’habite Vierzon mais d'abord un quartier toujours frappé du sceau d'une ancienne commune, chacun habite aux Forges, ou à Villages, ou à Bourgneuf ou en ville.
Rassembler quatre communes en une seule sur le papier, c'était l'objet de l'arrêté du 8 avril 1937. Il a permis de fusionner les quatre pièces du puzzle de façon administrative. Au final, il n’y a jamais eu un vrai centre, quatre points cardinaux, oui, un vrai centre non.
Bien sûr, la réunion des deux routes nationales qui traversaient Vierzon, la RN20 et la RN76 s’effectuaient dans le creuset du centre, à Vierzon-Ville. Impossible cependant de trouver l’épicentre.
Les quatre communes indépendantes ont tissé leurs géographie indépendante sur un territoire de 74,5 kilomètres carrés quand Bourges, beaucoup plus peuplée, s'étend sur 68,74 kilomètres carrés et Orléans, encore plus peuplée que Bourges, 27 kilomètres carrés pour 117.000 habitants.
Pour mémoire, l'administration révolutionnaire sépare Vierzon en deux, en 1790, Vierzon-Ville et Vierzon-Villages sont deux entités distinctes, la seconde encercle la première et regroupe les extérieurs.
Le 11 décembre 1886, Bourgneuf devient une commune indépendante, détachée de Vierzon-Villages avec pour frontière naturelle, le Cher.
Le 15 juin 1908, la commune de Vierzon-Forges se détache elle aussi de Vierzon-Villages.
Une fois unie, Vierzon se rêve, dans les années 1950-1960 en une commune prospère, industrielle. 50.000 habitants sont espérés, ils ne dépasseront pas 35.699, avant d’en perdre plus 10.000 jusqu’à aujourd’hui.
- 1 - / La ville est dimensionnée en conséquence avec ses deux cents kilomètres de voirie à entretenir.
Hormis la construction du Forum république, en 1990, le Vierzon de 2025 est-il radicalement différent de celui de 1937 ? Le Forum devait servir de nouveau centre, mais il n’a jamais rempli son rôle.
L’ilôt Rollinat a été démoli pour aérer le centre-ville.
Aux Forges, la Pointerie a cédé sa place à un supermarché. Bourgneuf s’est doté d’une compagnie de gendarmerie et d’une sous-préfecture. Villages a tenté de conserver son aspect de… village.
Alors, quel Vierzon pour les décennies à venir ?
/image%2F0987651%2F20251112%2Fob_a2604d_577409946-1404749688121729-29704344909.jpg)