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Né à la Poterne des peupliers, dans le 13e arrondissement de Paris, rien ne prédisposait Gilles à venir dans le Berry, sinon l’amour (moi), rencontré grâce à son copain de moto (mon frère).
Avec mes parents, nous étions alors des émigrés économiques, arrivés à Fresnes (94) quelques années auparavant depuis ce même Berry où mon père, artisan menuisier, ne trouvait plus assez de clients pour nourrir sa famille.
Un mariage et deux enfants plus tard, Gilles, mécanicien, s’est trouvé au chômage à la suite d’un licenciement économique. La conseillère ANPE souhaita nous rencontrer ensemble, et nous conseilla alors de nous « mettre à notre compte ». Elle a ainsi changé le cours de notre vie !
Les affaires qui se présentaient en région parisienne étaient inaccessibles. C’est pourquoi nous avons immédiatement orienté nos investigations vers le Cher, où mes parents étaient revenus vivre dans la maison familiale.
Le « Relais de la lande » (dernièrement dancing « Le temple ») était en vente dans un journal spécialisé. En plein hiver 1984 /1985 nous le visitions par un temps glacial. Pompes à essence, piste de terre battue, hangar aux quatre vents, atelier d’un autre âge… ce garage était dans nos prix, et, ravis, nous nous y voyions déjà !
Contact pris auprès de la Chambre de commerce, le rapport économique tomba cependant : « Vierzon, ville triste ». Pleine de courage - ou sans doute d’une part d’inconscience - je sollicitai néanmoins, par un ami commun, M. Michel Sansu qui nous reçut très cordialement en mairie, et nous donna une multitude de renseignements concernant la population, les axes routiers et leurs fréquentations, les projets d’infrastructures… 9 000 véhicules / jour passaient à l’époque sur la RN 76 !
La décision était prise : dans quelques mois nous deviendrions vierzonnais !
Il en fallut plusieurs, de mois, pour obtenir un prêt bancaire, aujourd’hui inimaginable pour un couple plein de courage mais sans un sou, Monsieur chômeur, Madame mère au foyer, avec deux enfants de 4 et 6 ans. Mais certaines personnes ont cru en nous.
Les débuts furent difficiles. Mon premier acte de « patronne » fut de licencier la secrétaire qui, durant son mois de préavis, comprenant notre situation, m’apprit le B A Ba du métier puisque je prenais sa place ! Reconnaissants, nous allions la réembaucher quelques mois plus tard, alors que j’allais prendre la route pour vendre des voiturettes. Elle et son mari sont toujours aujourd’hui des amis fidèles. Mais c’est une autre histoire…
Après avoir quitté famille et cercle amical en région parisienne, nous n’avions en effet plus de repères, sinon ma mère, devenue veuve un an auparavant, et ce garage. Jeunes patrons dans ce garage vétuste, retiré du centre-ville, nous intriguions. Une question revenait souvent : D’où donc qu’ vous v’nez ? – réponse : de Paris – Ha ! et j’ajoutais : mais moi je suis d’ici ! – Ha !!!
J’avais cependant fait la connaissance, lors des trajets menant de l’école maternelle des enfants à la maison de ma mère, qui nous hébergeait à Poisieux, d’une petite bonne femme rigolote qui fabriquait des fromages de chèvre. Lorsque je l’ai vue la première fois, elle avait un bébé dans une chaise haute. J’ai cru qu’il s’agissait de son jeune frère, tant elle paraissait jeune ! Vous l’avez reconnue : cette jeune chevrière n’était autre que « Mumubiquette » Bard, et le bébé c’était Julien, qui vient récemment de reprendre leur ferme !
La première fois qu’ils nous ont invités à déjeuner, Gilles, le Titi parisien, qui dans les champs confondait luzerne et pommes de terre, se demandait de quoi il pourrait parler avec un paysan ! Mais le courant est tout de suite passé, ceux qui furent les premiers rencontrés devinrent nos premiers amis à Vierzon.
Puis, dans le cadre professionnel, celui que beaucoup connaissent sous le surnom de « Kitou » venait en voisin faire réparer sa voiture, et trouvait un peu réservé ce nouveau mécano, parisien de surcroît, qui travaillait auprès de Roger Couratier, son chef d’atelier très réputé, dont il ignorait qu’il fût le nouveau patron... Dès lors, Gilles et lui ne se sont plus quittés !
Quelques solides amitiés plus tard, avec nos enfants et notre travail, tout concordait désormais pour que nos racines soient définitivement plantées en terre vierzonnaise.
Le choix de nos filles de construire leur vie à Vierzon, et mes implications dans la vie professionnelle et associative (le CBE Comité de Bassin Économique, le groupement de dépannage GARD-18, le groupement d’employeurs ALISÉ, le Cluster AGHIR, et désormais Passeurs de mots) n’ont fait, depuis 40 ans, que conforter cette transplantation réussie. Vierzon est devenue notre terreau et notre ancrage familial.
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