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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


2) On vient toujours ร  Vierzon pour une bonne raison

Publiรฉ par vierzonitude sur 16 Novembre 2025, 15:01pm

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2) On vient toujours à Vierzon pour une bonne raison

Je me souviens avoir demandé à mes parents, un jour d’été où la chaleur était accablante : « Mais pourquoi est-ce que vous nous avez amenés à Vierzon ? Pourquoi pas une grande ville, ou y’a la mer ? »
Ma mère m’avait répondu en arabe ; mais je traduis : « Tu vas grandir, ma fille, et tu comprendras. » 
Mes parents sont arrivés à Vierzon à la fin des années 60. Mon père est venu le premier, seul, avec le courage silencieux de ceux qui quittent leur terre pour offrir un avenir à leur famille. Il a trouvé un travail, puis un appartement. Une fois ces bases posées, ma mère l’a rejoint d’Algérie, portant dans ses bagages ses traditions, sa générosité et sa force tranquille.
Pour la petite anecdote, j’ai toujours aimé voyager. Peut-être parce que je suis née au détour d’un voyage, à Bergerac, en Dordogne, comme si mes premiers instants avaient déjà eu le goût d’ailleurs. Mais c’est à Vierzon que j’ai grandi et que mes racines se sont profondément ancrées.
Je me souviens du quartier du Colombier, de ses rues, de nos voisins. Familles portugaises, espagnoles, yougoslaves, marocaines, algériennes... Toutes ces vies qui se croisaient, qui se touchaient, qui s’entraidaient. Nous vivions en harmonie, comme une grande famille élargie.
Ce qui manquait à l’un, l’autre l’apportait. Les jeux, les rires, les repas partagés... tout semblait naturel, évident, et tellement précieux. Puis est venu le boulevard de la Liberté, et avec lui un temps presque féerique. Le nom même du boulevard résonnait en moi comme une promesse : un souffle d’espace, un horizon ouvert,
un sentiment de liberté que l’on pouvait respirer à chaque pas. 
La maison était immense, mais c’est le jardin-verger qui reste gravé dans ma mémoire. Là se dressait un saule pleureur, dont les branches me recouvraient entièrement. Je m’y glissais comme dans un refuge, et j’avais l’impression de rentrer dans les livres, de me fondre dans les histoires, de devenir un personnage de papier et de lumière. Le vent jouait avec les feuilles, la lumière filtrait à travers
les branches, et le monde semblait à la fois vaste et intime.
Ma mère nous emmenait chaque mercredi et samedi après-midi à la bibliothèque. Ces sorties étaient des voyages immobiles. Chaque livre était une porte ouverte sur un monde nouveau, chaque page un souffle, chaque couverture un voyage à faire, les yeux ouverts et le cœur battant.
Et puis il y avait ma mère. Dans tous les endroits où nous avons vécu, ce qui me frappe encore aujourd’hui, c’est elle. Elle n’a jamais parlé parfaitement français, et pourtant elle a tissé des liens incroyables avec nos voisins, certains devenus de véritables membres de notre famille.
Elle construisait un pont entre les cultures, mêlant nos traditions à celles des autres avec générosité et chaleur. Par ses gestes, sa bienveillance, son extrême générosité, elle transformait chaque rencontre en lien précieux, chaque maison en famille.
Grâce à elle, nos voisins ont appris à connaître nos coutumes, et nous avons découvert les leurs. Ce pont entre les cultures a façonné mon enfance, m’a appris que l’enracinement dans ses traditions n’empêche jamais l’ouverture aux autres, et que le vrai dialogue naît d’abord du cœur.
J’ai vécu toute mon enfance à Vierzon, puis je suis partie pour mes études. J’ai beaucoup voyagé, exploré d’autres lieux, d’autres horizons, mais chaque retour à Vierzon est un bonheur. Cette ville est ma maison, mon ancrage, ma famille. Elle porte mes racines, mes souvenirs, mes jeux d’enfance, mes découvertes, mes émerveillements.
Et maintenant, je peux le dire pleinement : j’ai grandi, et j’ai compris.

(Photo empruntée à Berry good news et remise au goût du noir et blanc de Vierzonitude)

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