๐๐ฉ๐ซ๐ฬ๐ฌ "๐๐ ๐ญ๐ซ๐๐ฎ๐ฆ๐๐ญ๐ข๐ฌ๐ฆ๐ ๐จ๐ซ๐ข๐ ๐ข๐ง๐๐ฅ : ๐๐ข๐๐ซ๐ณ๐จ๐ง ๐๐ง ๐ช๐ฎ๐๐ญ๐ซ๐ ๐ฆ๐จ๐ซ๐๐๐๐ฎ๐ฑ", ๐๐ฉ๐ซ๐ฬ๐ฌ " ๐๐ซ๐จ๐ข๐ฌ ๐๐ฎ๐ญ๐จ๐ซ๐จ๐ฎ๐ญ๐๐ฌ, ๐๐๐ฎ๐ฑ ๐ญ๐ซ๐๐ง๐ฌ๐ฏ๐๐ซ๐ฌ๐๐ฅ๐๐ฌ, ๐๐ญ ๐๐ฅ๐จ๐ซ๐ฌ ?", "๐๐ข๐๐ซ๐ณ๐จ๐ง, ๐ฅ๐ ๐ฌ๐จ๐ฎ๐ฌ-๐ฉ๐ซ๐ฬ๐๐๐๐ญ๐ฎ๐ซ๐ ๐ญ๐๐ซ๐๐ข๐ฏ๐", ๐ฏ๐จ๐ข๐๐ข "๐๐ข๐๐ซ๐ณ๐จ๐ง ๐ฃ๐ ๐ญ'๐๐ข๐ฆ๐ ๐ฆ๐จ๐ข ๐ง๐จ๐ง ๐ฉ๐ฅ๐ฎ๐ฌ".
Vierzon suscite une ambivalence sans précédent, l’attirance, pour cette ville, peut être aussi forte que la répulsion.
De l’extérieur, elle cumule les poncifs qu’on colle à toutes les sous-préfectures banales, surtout quand elle n’offre ni un bord de mer, ni un sentier de montagne. Collée au centre de la France, elle sert souvent de punching-ball aux mauvais exemples d’une presse parisienne qui cherche une ville de province, pas trop loin, ni trop du Nord, ni trop du Sud. Elle expie également l’inspiration des humoristes qui voient dans Vierzon, la ville sinistre, ennuyeuse, plate comme une limande et dans laquelle les habitants sont retenus contre leur gré.
De l’intérieur, une autre ambivalence se cristallise. Les Vierzonnais qui ont poussé leur premier cri ici, qui ont grandi ici, qui sont restés ici, appréhendent la ville dans ses défauts et ses qualités. Certains équilibrent ces deux poids sur la balance, d’autres le font pencher d’un côté ou d’un autre.
Ceux d’ici s’arrogent le droit de la critique car ils y vivent depuis toujours, ils savent ce qui manque, ce qui est fait, pas fait, ce qui devrait être fait, ils ont des maires différents, des constructions, des démolitions, ils ont traversé cette ville comme on traverse une vie.
Les Vierzonnais venus d’ailleurs ont un regard bienveillant sur la ville, son eau, ses forêts, ses balades, cette impression de ville à la campagne qui vit doucement, sans se presser comme dans des métropoles moins cosy. Les défauts sont compensés par les qualités et surtout, ils ont le privilège de la comparaison pour peu qu’ils arrivent d’une ville moins cotée que Vierzon ou moins verte, ou moins pratique.
A l’extérieur ou à l’intérieur, Vierzon ne laisse pas indifférent. On cherche toujours la raison qui fait que cette ville se retrouve citée aussi fréquemment, alors qu’il existe 36.000 communes, il faut que ce soit sur Vierzon que ça tombe. Brel ? Les tracteurs ? La ligne de démarcation ? La facilité ? On ne sait pas.
Toujours est-il que Vierzon se construit chaque jour sur ses contradictions. Trop la critiquer soulève la colère de ceux qui l’encensent et trop l’encenser provoque la colère de ceux qui la critiquent. Il existe sans doute un juste milieu. Ainsi, ceux qui aiment cette ville hurlent contre ceux qui la critiquent de la quitter s’ils ne sont pas contents. Et ceux qui critiquent la ville expliquent qu’ils participent, à leur manière, à son amélioration.
Cette ambivalence fait en quelque sorte la richesse de Vierzon, même si, reconnaissent certains, ce sont tout de même les Vierzonnais qui en parlent le moins bien. Mais ici la culture de la critique est l’enfant de l’opposition, Vierzon s’est toujours opposée, et l’opposition ne se fait pas sans critique, celle du gouvernement, des lois, du départ à la retraite, des présidents, des premiers ministres.
S’opposer fait partie de l’esprit du Vierzonnais, mais s’opposer à un pouvoir différent de celui de Vierzon et comme ici, il n’y a jamais un pouvoir qui sied, comme jamais la majorité de cette ville n’a fait partie d’une majorité plus large, chacun s’oppose donc constamment.
Comment, dans ce cas-là, rejeter une critique de la ville quand ses dirigeants pratiquent cette même critique contre les autres ?
N’empêche qu’il existe à Vierzon, une âme singulière, quelque chose qui attire et en même temps qui repousse. Un éternel va et vient entre la satisfaction et l’insatisfaction, à des degrés divers. Ainsi, dans le regard des Vierzonnais, cette ville passe de la couleur au noir et blanc, du noir et blanc à la couleur.
Ce qui en fait une carte postale mouvante. Une ville atypique. Pour le savoir il faut y habiter, pour y habiter il faut y venir, pour venir il faut surmonter le rejet qu’elle suscite.
Et si Vierzon s’était appelée autrement, en parlerait on autant ?
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