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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Ma chère petite maman...

Publié par vierzonitude sur 5 Décembre 2025, 09:38am

Ma chère petite maman,


pour ne pas que tu crois que mon seul intérêt, dans cette ville, sont ses innombrables bistrots dans lesquels j’aime à passer des heures, je viens te parler, pour changer un peu d’horizon, d’une librairie fantastique et de son singulier libraire. 
A Vierzon, je picore les différentes librairies éparpillés dans la ville, et à travers le temps que j’ai le privilège de visiter à ma guise.
Paul Carré a de longues mains osseuses, toujours croisées dans son dos. 
Le tissu de sa blouse grise est un mécanisme complexe qui fige le temps dans une époque où le client est roi. S’il n’avait pas été libraire, il aurait pu être instituteur, bavard, poli, souriant, au service de celui qui lui parle. 
Et combien de fois je peux parler avec lui, sur le trottoir, lorsqu’il sort de sa boutique ou à l’intérieur, lorsque je rentre pour respirer l’odeur des meubles. 
Et, ma chère maman, ce charmant commerçant ne cherche jamais à me vendre quelque chose. Il semble que parler lui suffit. Moi, je furète à travers les rayons, penchés sur ses présentoirs en bois, à chercher ce que je ne désire pas trouver, pour le plaisir de regarder simplement.
Il se frotte les mains quand quelqu’un entre dans sa boutique qui possède au choix, une entrée rue Voltaire, côté jouets et une autre place du Mail, côté livres. 
De fait, certains gosses espiègles entrent par un côté et ressortent par l’autre. Sous le regard amusé du libraire qui se dit, finalement, que jeunesse doit se passer.
En discutant avec lui, de tout, de rien, il m’a confié qu’il avait loué, dans ses jeunes années, une chambre mansardée rue du Champanet. Il me dit qu’il y chantait et je le crois facilement, tant son cœur est chantant et ouvert aux autres.
Ma chère maman, tu sais combien j’aime la compagnie des livres et cette librairie est vraiment atypique. J’y vois, une pendule arrêtée et avec elle, le temps en entier, une fois que l’on y entre. Paul Carré fut horloger, place Foch avant d’être libraire, quel changement de métier !
J’ai appris de sa bouche que c’est l’une des plus anciennes librairies de la ville puisqu’elle existait déjà en 1793. Tu imagines ce bond fabuleux dans le temps, maman ?  
Bien avant Paul Carré, c’est un libraire au nom de Gustave Poivert qui s’installe en 1901 et qui ajoute à la vente de livres, d’encres et de plumes : la carte postale. C’est grâce à lui, me raconte encore Paul Carré que nous pouvons encore voir en images, le Vierzon du début du 20è siècle… 
En plus de mes photos personnelles, ma petite maman qui ne passeront pas à la postérité comme les cartes postales puisque toi seule en est la destinataire privilégiée.
Ensuite, Paul Poivert prend le relais et ajoute à la librairie, une activité d’imprimeur, ce que poursuit encore Paul Carré lui-même. Il suffit de descendre quelques marches pour y accéder comme on entre dans une cave. 
Une photo en noir et blanc montre un jeune homme sur une moto : « c’est moi » dit-il avec son grand sourire. Tu vois, comme cette ville est riche de personnages hauts en couleurs et combien je me régale de les rencontrer, ce croiser leur destin et de les immortaliser dans ces lettres que je t’envoie d’outre temps.
Tu me connais et je suis allé visiter d’autres époques pour en ramener des images que je joins à ces quelques mots qui, je l’espère, vous iront droit au cœur comme ils sont sortis du mien.
Je vous embrasse.


Votre petit Vierzonnais à travers le temps.

Ma chère petite maman...
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