Ma chère petite maman,
j’espère que tu n’as pas trouvé le temps trop long, j’ai un peu paressé depuis ma dernière lettre et je n’ai pas vu le temps passé.
Cela ne signifie pas que je ne pense à vous, à tous les instants. Mais cette ville m’aspire, me nourrit, me remplit de tous ces mystères, de ces coins inconnus, de sa force à combler ma curiosité.
Chaque balade à au coeur de Vierzon ou dans ses nombreux faubourgs, m’ouvre des champs d’exploration infinie. Ce peut être un chemin, l’un des nombreux commerces, l’un des non moins nombreux bistrots.
Regarde, maman, cette photo extraordinaire, pas l’image en soi, mais la maison, cette maison posée là, entre deux rues, m’a fasciné. Je me suis arrêté, je suis descendu de vélo et j’ai pris la photo. Le quartier est hors du temps, calme comme tu peux le voir, avec ses petits pavés, ses maisons anciennes, on dirait un Vierzon figé dans les siècles précédents.
Et cette maison en serait le symbole, regarde comme elle est étroite ! Je n’ai poas osé toqué à la porte pour en demander aux occupants, une visite. Peut-être aurais-je dû, je le ferai une prochaine fois. Je vois de là ta curiosité qui, mêlée à la mienne deraient de nous de sacrés explorateurs.
Ce qui est fascinant, c’est que la vieille ville, celle héritée du Moyen-Age, garde en elle le caractère de ses origines : je peux marcher rue de l'Etape, rue de la Monnaie, rue du Gros Caillou, rue des Changes, rue Porte aux Boeufs, rue Gallerand, passage du Corneau, ruelle du Chevrier, rue Galilée, rue du Château, place des Bans... Cette liste plante le décor d'une histoire à fleur de pierre et de pans de bois.
La mairie de Vierzon-Ville, mais peut-être maman, te l’ai-je déjà écris, est installée dans les bâtiments conventuels de l'abbaye bénédictine Saint-Pierre, le cloître n’existe plus et l’aile ouest abrite les locaux de la Caisse d'Epargne.
Un peu plus bas, et là, je sais que tu adorerais t’y promener, le jardin romantique garde les traces d'une écluse datant du XVIème siècle, dite écluse Léonard de Vinci car construite selon ses plans. Quand je te dis qu’ici rien n’est vraiment comme ailleurs.
La vieille ville s'étend par la rue Galilée, entre pavés et marches menant à l'église Notre-Dame, rue Armand Brunet. On trouve dans l'ancienne cité, en dehors des vestiges du château, des maisons du XVè, XVIè, XVIIè, XVIIIè et XIXè siècle, des hôtels particuliers.
Et ce quartier dit du Château, de l'autre côté du Beffroi, avec ses ruelles, ses maisons plus qu’anciennes. Et pour avoir visité cet endroit à plusieurs époques, je sais qu’il ne résistera pas aux appétits des amateurs de logements sociaux qui vont le démolir, pour faire de la place.
Voilà, ma chère maman, ma réflexion du jour et ma découverte de l’instant. J’espère que vous allez bien et je vous embrasse à travers les décennies.
Maman, si tu as l’occasion, je n’ai plus de tes fabuleuses confitures…
Votre petit Vierzonnais à travers le temps.
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