Quelle déception mais quelle déception ! A l’heure où des citoyens s’unissent pour contrer les méfaits d’une liste d’extrême droite aux élections municipales de Vierzon, les partis politiques persistent dans leur logique purement politicienne. C’est dommage. Mille fois dommage parce qu’ils n’ont pas compris la leçon de ce pouvoir auquel ils s’accrochent pour des places. Des places ? C’est bien le terme qu’il faut employer.
Vierzonitude a mis la main sur le protocole d’accord de l’ Union des forces de gauche, écologistes et citoyennes : Parti Communiste Français – Parti Socialiste –Les Ecologistes – L’Après, avec le soutien de Génération·S et du PRG.
On prend le gâteau et on le coupe en tranches. Pas pour le bien des citoyens, non, non. On lit par exemple que l’unité (de la majorité municipale) « est parfois mise à mal par des divisions internes au camp progressiste. Des stratégies individuelles ou des postures nationales risquent d’affaiblir ce que les habitants attendent avant tout : une équipe soudée, un cap partagé, une parole claire et un engagement commun au service de la population. »
En clair, on ne veut voir qu’une seule tête allant jusqu’à « l’interdiction des prises de position publiques contraires aux décisions majoritaires ». Alors les écologistes seront-ils obligés de manger leur chapeau et d’opiner du chef en accueillant Virtuo les bras ouverts ? Ou seront-ils autorisés à émettre un avis contraire ?
On lit encore dans le protocole que « la stabilité et la crédibilité de la majorité municipale reposent sur un principe fondamental : la loyauté absolue des partenaires et des élu·es envers la Maire, le groupe majoritaire et le projet commun validé par le suffrage universel. » Et la loyauté envers les citoyens de cette ville ? Personne évidemment n’y pense.
On ne veut pas d’électron libre. On peut penser différemment mais ne pas le dire !
Jusqu’où va la loyauté ? « En bannissant toute attaque publique ou comportement contraire à l’intérêt collectif de la majorité. » Fascinant.
Le protocole prévoit encore que « chaque composante politique, chaque groupe et chaque élu·e signataire du présent accord s’engage, pour la durée complète du mandat, à respecter ce principe de solidarité politique et de cohérence d’action, condition indispensable à la réussite collective et à la confiance des Vierzonnaises et des Vierzonnais. » Confiance ? Envers des élus qui n’étant pas d’accord entre eux, doivent se taire ? On l’a vu lors du dernier mandat où le P.S, LFI et le PCF n’étaient pas capables de s’entendre entre eux.
Que les partis de gauche cherchent l’unité pour combattre l’extrême droite (sans LFI qui fait désormais cavalier seul) peut s’entendre, mais comment peut-on être aussi sourd aux questionnements des citoyens qui vont justement vers l’extrême droite car « on a jamais essayé ». Des citoyens qui ont une défiance aiguisée des partis politiques et de leurs méthodes. Que fait-on à Vierzon ? On remet le couvert avec les mêmes sans laisser de place importante et décisive aux citoyens.
Voilà comment les partis voient les choses : « Chaque organisation s’engage à constituer, dans le quota qui lui est attribué, une liste de candidat·es ». Des quotas ? Sérieusement ?
Le protocole parle aussi de « la volonté d’une gauche, écologiste, citoyenne et rassemblée, à la fois attachée aux enjeux de long terme et à l’amélioration concrète du quotidien des Vierzonnais-es. »
Ecologiste vraiment ? Dans le partage des postes, aucun poste d’adjoint n’est réservé aux écologistes. Le protocole prévoit trois postes d’adjoint pour le PC et le poste de maire ; quatre postes d’adjoints pour le P.S dont le premier. L’Après un poste (est-ce plus important que l’écologie) et non encartés deux postes. Pour réaliser cette pirouette arithmétique, le protocole a additionné les voix de chaque parti recueillis à Vierzon aux élections présidentielles de 2022 et aux élections européennes de 2024, deux élections complément différentes.
Pourquoi les citoyens non encartés sont sous représentés à ce point dans les postes à responsabilité ? Pourquoi pas le poste de maire ? De premier adjoint ? Pourquoi cette liste de la gauche doit être politisée jusqu’au trognon ?
Même logique de popotte pour la communauté de communes : présidence communiste, deux vice-présidents communistes, deux autres socialistes, un écologiste et un non encarté. Et bien sûr, les partis se réservent les meilleurs places éligibles au détriment des non-encartés.
Enfin, en cas de vacance de siège, quelle qu’en soit la cause (démission, décès, empêchement, incompatibilité, cumul de mandat ou toute autre impossibilité d’exercer), le remplacement d’un-e adjoint-e ou d’un-e vice-président-e s’effectue au sein de la même composante politique, afin de préserver la cohérence du pacte majoritaire ».
Et donc les couverts des partis.
Et pour que tout change, au final, rien ne change. Chacun devra prendre alors ses responsabilités.
/image%2F0987651%2F20251205%2Fob_cad16e_593745471-1427161979213833-47410820527.jpg)
/image%2F0987651%2F20251205%2Fob_bcb871_593862457-1427161849213846-19052379500.jpg)
/image%2F0987651%2F20251205%2Fob_41e291_593584886-1427161915880506-63899327110.jpg)