C’est la première fois qu’à Vierzon, le Parti communiste présente une candidate qui n’est pas adhérente au PCF. C’est le cas de Maryvonne Roux, adjointe déléguée à la santé et à la jeunesse, qui a été désignée tête de liste conformément à une décision prise collectivement.
Changement de logique, face à la menace d’une extrême-droite agressive et sûre d’elle, cette professionnelle de santé, agente hospitalière, responsable syndicale à l’hôpital de Vierzon symbolise « l’ouverture nécessaire pour rassembler largement, au-delà des étiquettes et des clivages. »
Il y en a besoin. Jusque-là, le Parti communiste avait verrouillé les têtes de liste, forcément encartées. On passe donc à une autre époque, où la nécessité d’élargir est devenue prégnante, malgré que la candidate, lit-on dans le communiqué, incarne aussi, et surtout, « la continuité de l’action municipale menée depuis 2020. »
La gauche pensera-t-elle un jour se départir de Nicolas Sansu ?
« Dans un paysage où six listes sont aujourd’hui déclarées, elle sera toujours la seule femme tête de liste », comme l’était jusque-là Corinne Ollivier, la maire. Cette dernière accorde à Maryvonne Roux « toute [s]a confiance, comme à l’équipe qui l’entoure, pour porter notre bilan, défendre nos valeurs et proposer un projet ambitieux, sérieux et profondément ancré dans les réalités de Vierzon. »
Les heures qui vont suivre vont être houleuses. Certains y verront sans doute le boulevard qu’ils attendaient pour s’affranchir, d’autres un renoncement sans précédent comme une marque de faiblesse. Peu-on dire que les cartes sont rebattues, dans un contexte politique où trois voire quatre listes de gauche sur la ligne de départ. Lutte ouvrière, LFI, le Parti communiste.
Quid du parti socialiste qui, on le sait, consulte également largement pour monter une liste. La candidature de Maryvonne Roux convaincra-t-il le P.S ?
Quid de l’actuel député ? Sera-t-il ou non sur cette liste ? Il est évident que ce lundi soir, porte en lui, les stigmates d’un tournant décisif. Comme le fut en 1990, l’annonce de la démission de Fernand Micourand, alors maire au profit de Roger Coulon.
Cette « désignation » avait entraîné la démission des élus socialistes, provoquant alors de nouvelles élections au terme desquelles, le Parti communiste avait perdu la ville pour 18 ans.
Il est encore trop tôt pour savoir combien de listes exactement parviendront à réunir trente-cinq noms. Le suspense reste entier. Et l’inquiétude se cristallise : pas question que l’extrême-droite avec ses gros sabots, ne s’installent à la mairie de Vierzon.
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