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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Derby Vierzon-Bourges : l'indécrottable antagonisme entre les deux villes du Cher

Publié par vierzonitude sur 22 Octobre 2016, 12:55pm

C'est ce samedi soir, que Vierzonnais et Berruyers s’affrontent au stade Robert-Barran. Cela fait treize ans que les deux villes n’ont plus goûté à ce derby. En revanche, il y a plus longtemps que cela que Vierzon et Bourges affichent des antagonismes de toutes sortes.

Il y a longtemps qu'il n'y a plus que les sportifs, footballeurs et rugbymen pour croire qu'il existe encore un derby Vierzon-Bourges. Mais il y a longtemps aussi que Bourges, la Préfecture, a bouffé Vierzon, la sous-préfecture. Sans difficulté, juste par indifférence. En dehors du fait que Vierzon a fourni deux maires à Bourges (Henri Laudier et Jacques Raimbault), l'antagoniste entre les deux villes est beaucoup plus long que trente kilomètres. Entre Bourges la bourgeoise et Vierzon la laborieuse, le fossé n'a cessé de se creuser. Même à Bourges, le communisme de Jacques Rimbault n'a pas eu les mêmes résultats qu'à Vierzon. Car le député-maire de Bourges qui a commencé sa carrière politique à Vierzon a compris qu'un maire communiste à Bourges ne pouvait pas agir comme un maire communiste à Vierzon.
Bourges-Vierzon, Vierzon-Bourges. 

Déjà, on a connu des querelles historiques, Avaricum ne serait pas Bourges mais Vierzon, raconte-t-on. Le doute est suffisamment prégnant pour s'en faire des gorges chaudes. Seulement voilà : Bourges s'est arrogé Avaricum. Bourges est la capitale. Bourges a le Printemps de Bourges tandis que Vierzon a explosé un soit d'été de 1980 avec son festival Pulsar qui voulait se faire plus gros que le printemps de la chanson voisin. On dit aussi que si Vierzon a hérité du chemin de fer avec une telle surface c'est que Bourges n'en voulait pas, trop craintif d'attirer des populations indésirables.

D'ailleurs, qu'a fait Vierzon de ce fabuleux trésor ferroviaire Lyon-Nantes Paris-Toulouse ? Rien. Presque deux siècles plus tard, Vierzon en est encore à appliquer la méthode Coué en expliquant qu'avec deux lignes transversales, on est les rois. Les rois de quoi ? Avec trois autoroutes en plus, nous ne sommes les rois de rien. Quand l'A71 est arrivée, Bourges a fait fructifier des zones industrielles le long de la langue de bitume. A Vierzon, rien. Il y a une frustration lointaine de Vierzon envers Bourges, celle de ne pas avoir un patrimoine aussi riche, un Jacques-Coeur, un Daniel Colling, des bâtisseurs de cathédrale... Trente kilomètres en 2016, c'est 18 minutes en train de Bourges à partir de Vierzon. Autant dire rien. 

Et pourtant : la transhumance commerciale fait que les Vierzonnais viennent en masse à Bourges, que l'inverse n'est pas vrai. Ne lutte-t-on pas à Vierzon pour contrer l'évasion commerciale vers Bourges ? On le voit, Vierzon et Bourges ne sont pas amies, comme ont voulu nous le faire croire les deux maires à travers une alliance de façade pour des besoins électoraux. D'ailleurs, la glace s'est vite rompue quand le maire de Bourges s'est lâché au cours d'un conseil municipal  déclarant : "je ne veux que Bourges devienne un jour Vierzon". Tout est dit. 

En mai dernier, Bourges prive même  Vierzon de la Coupe du Cher. Samedi 24 septembre, Bourges prive  le grand club vierzonnais de l'aventure de la Coupe de France. Alors, on espère vivement que les rugbymen vierzonnais font coller une rouste à ces prétentieux Berruyers. Parce qu'on a beau reconnaître les torts, les faiblesses et les inconvénients de Vierzon, il serait bon que la petite sous-préfecture morde les jarrets de la Préfecture. Au moins, en sports, pourrai-on se prévaloir de faire la nique aux Berruyers. Pour le reste, malheureusement, il faut bien se résigner.

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